Les cheminots algériens sont plus que jamais décidés à reconduire leur mouvement de grève pour réclamer une fois de plus de la considération, par la mise en application du régime indemnitaire négocié avec la direction générale.
Les cheminots seront en grève à partir d’aujourd’hui, pour une durée illimitée, comme il ressort des déclarations des différents syndicalistes que nous avons contactés : «Sans la prise en charge de ce problème, nous restons sur nos positions. Notre grève prendra effet ce soir à partir de minuit et pour une durée illimitée», a déclaré un syndicaliste, avant d’ajouter : «Nous allons attendre encore jusqu’à ce soir (hier ndlr).
Si la direction générale ne fait aucun effort pour satisfaire nos revendications, nous lancerons notre mouvement de grève.»
Les cheminots qui se sont réunis hier avec M. Benameur, directeur général de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) pour une ultime négociation, n’ont pas eu gain de cause. «Nous venons de sortir de la réunion avec le DG qui nous a proposé l’octroi d’échelons inférieurs au grade de l’employé, chose que nous avons refusée en bloc», a renseigné un syndicaliste.
Et d’ajouter : «Nous avons demandé à ce que les échelons soient octroyés dès la date de recrutement du cheminot, ce qui est en adéquation avec les lois de la République.»
C’est le cas de ce conducteur de train qui a à son compte une trentaine d’années d’expérience et qui se retrouve avec zéro échelon à la fin de sa carrière. «Depuis mes débuts en tant que cheminot, je n’ai jamais entendu parler de ces échelons et j’ignorais complètement qu’un échelon équivalait à une certaine somme d’argent. Mais maintenant, nous sommes décidés à arracher ce droit légitime.
Sans cela, la locomotive restera à quai», a informé Hamid. Du côté de la direction générale, Noureddine Dakhli, qui n’est autre que le directeur des ressources humaines, joint par téléphone, explique : «Nous avons tenté de raisonner les cheminots pour ne pas priver les citoyens de ce moyen de transport très prisé, notamment pour les habitants des banlieues algéroises et ceux des autres wilayas du pays, en vain.»
M. Dakhli est convaincu que ce problème est d’ordre organisationnel. «Nous avons proposé une solution alternative qui sera mise en application graduellement et qui touchera d’ici peu l’ensemble des cheminots, mais les syndicalistes campent sur leurs positions.
Nous allons tenter de régler ce problème dans les plus brefs délais.»
Les syndicalistes de la fédération des cheminots ne l’entendent pas de cette oreille, persuadés de la légitimité de leur action. «Notre mouvement est pacifique et nous avons suivi toutes les procédures légales avant de recourir à la grève. Nos revendications sont légitimes aux yeux de la loi. La balle est désormais dans le camp de la direction générale.»
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