Ali Benflis a annoncé ce dimanche 19 janvier se porter candidat à l’élection présidentielle du 17 avril 2014. Une candidature qui se fera sous le signe de la justice et de l’éducation.
Ali Benflis, 69 ans, ex-premier ministre et ex-candidat a enfin officialisé sa candidature ce dimanche matin 19 janvier lors d’une conférence de presse donnée à l’Hôtel Hilton. Il se porte candidat pour l’élection présidentielle du 17 avril 2014.
A l’entrée de l’hôtel Hilton à Alger un grand dispositif avait été mis en place ce matin pour ce rendez-vous politique. Sécurité, comité d’accueil, presse internationale et nationale, tout le monde s’est déplacé pour l’annonce de la candidature d’Ali Benflis à la présidentielle 2014. Rendez-vous 8h30 pour la presse nationale et internationale. Le candidat se fait longuement attendre par cette ruche de journalistes, cadres politiques, notamment du FLN et de militants.
A 10h, Ali Benflis entre finalement en scène et entame un discours accueilli par les applaudissements de ses soutiens, militants et de nombreux cadres du FLN. « Benflis Président ! » ne cessait de scander la foule. Le candidat disparu de la scène politique depuis 2004 – année où il a perdu l’élection présidentielle face à Abdelaziz Bouteflika – se porte bien ce dimanche et semble en grande forme, du haut de ses 69 ans. Durant près d’une heure et demie le candidat a annoncé sa candidature et a rattrapé 10 années d’absence de la scène politique en évoquant de nombreux thèmes qui lui tiennent à cœur. Il a détaillé ses ambitions politiques et ses axes de campagne dont les principaux : Justice, Education, Santé, Economie diversifiée. En somme, les principales plaies de l’Algérie, un discours assez conventionnel et attendu finalement.
Justice avant tout : il faut abattre la corruption
Ali Benflis a annoncé vouloir en priorité en finir avec la corruption, « la hogra que le peuple algérien rejette et ne mérite pas ». « La corruption a atteint des niveaux jamais vu depuis 10 ans ». Corruption administrative, politique Ali Benflis déplore que ce fléau ait atteint toutes les bases de la société algérienne. « Elle est devenue notre quotidien », affirme l’ex-chef du gouvernement qui a promis « de rendre compte de chaque dinar dépensé». « La justice doit être la base de l’organisation de l’Etat », a-t-il affirmé. Il prévoit donc de lancer une réforme de la justice qui permettra notamment « aux juges de bénéficier de plus d’indépendance » et s’engage devant le peuple algérien à lutter avec acharnement contre toute forme de corruption.
Jeunes algériens : votre tour est arrivé
Autre objectif : donner de la latitude à la jeunesse algérienne. Les jeunes algériens sont sans doute l’atout de la campagne de l’ex- premier ministre. Entouré de nombreux jeunes militants, ce dernier a promis lors de son discours leur donner une place de choix dans la construction de l’avenir de l’Algérie. C’est pourquoi le candidat Benflis, qui s’est rapproché « des syndicats, des établissements scolaires et des professeurs » ou encore de « jeunes diplômés » insiste sur l’intérêt de réformer l’éducation pour faire baisser le taux de chômage qui touche essentiellement les jeunes. Un point indispensable selon lui pour éveiller les esprits des jeunes Algériens.
Relancer et maintenir une économie solide et diversifiée
L’économie algérienne a été un chapitre largement abordé par le candidat qui estime que l’Algérie dispose également de « ressources humaines » et pas seulement de ressources naturelles. Ce dernier estime que les opérateurs économiques algériens sont compétents, peuvent et se doivent de relever ce défi d’avenir. Selon Ali Benflis, c’est à l’Etat de poser les règles macro-économiques, et il s’engage donc à offrir un cadre favorable aux entrepreneurs pour qu’ils développent d’autres secteurs d’activité, et que l’Algérie mette un terme à sa dépendance aux hydrocarbures. « L’Algérie doit démultiplier le nombre d’entreprises pour créer des emplois », a-t-il soutenu.
En outre Benflis, en tant que fondateur de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADDH) n’a pas omis d’évoque les libertés dont le peuple algérien doit disposer : liberté d’expression grâce à une liberté de la presse totale, « il faut de plus en plus de journalistes ». Il a également mentionné la nécessité d’un réseau d’association libre.
Il a également évoqué l’importance de protéger l’Etat algérien de la menace terroriste afin d’éviter un nouveau scénario à la Tiguentourine. Le candidat Benflis reconnait que l’Algérie a souffert et est fragilisée par cette menace sécuritaire. Le sahel infesté de groupes issus d’AQMI et ses frontières avec la Tunisie ou encore la Libye, relativement instables politiquement et elles-mêmes menacées par la montée du djihadisme mènent à penser qu’il est indispensable de sécuriser le territoire algérien.
Santé, démocratie, lutte contre le clientélisme, clanisme et régionalisme ont également été abordés par le candidat, qui a tenté de
A l’issue d’un discours très long et détaillé, Ali Benflis s’est retiré saluant la foule. « J’invite le peuple algérien à partager cette confiance pour conduire ensemble un changement responsable », a-t-il enfin conclu. Désormais le prochain rendez-vous pour Benflis est le 23 mars prochain, début officiel de la campagne électorale.
Voir une partie de son discours en vidéo
L’intégralité de son discours en texte :