Assassinat d’un enseignant de l’université de Khemis Miliana/ Le CNES pointe un doigt accusateur vers les responsables des universités   

Redaction

Le Conseil national des enseignants du supérieurs (CNES), syndicat autonome non agréé, réagit à l’assassinat de Karoui Serhan, maître de conférence à la faculté de droit et des sciences islamiques de Khemis Miliana, dans la wilaya de Aïn Defla, qui a succombé à de multiples coups de marteau assénés par deux de ses étudiants. Selon M. Azzi Abdelmalek, coordinateur national du CNES, ce drame reflète la déliquescence de l’université algérienne.

Contacté par nos soins, le coordinateur national du CNES, Azzi Abdelmalek, s’est exprimé avec une profonde amertume pour donner sa lecture concernant l’assassinat de Karoui Serhan, qualifiant ce qui s’est passé de «drame  qui s’inscrit dans la continuité de toute les agressions qu’ont subi les enseignants du supérieurs notamment durant l’année écoulée».

Le responsable du CNES déplore le fait que les multiples mises-en-garde émises par son organisation, ont été ignorées par la tutelle. «On a mis en garde la tutelle à plusieurs reprises mais elle n’a rien fait. Pire, on a constaté que plusieurs de ces agressions ont été orchestrées par des responsables avec la complicité de pseudos organisation estudiantines, comme ça a été le cas le 16 février dernier, où des enseignants ont été tabassés à l’université Alger 3».

Concernant le « climat de tension » qui est en train de s’installer entre les étudiants et le corps enseignant, M. Azzi affirme que les enseignants entretiennent, en général, de bonnes relations avec leurs étudiants et que ce phénomène de violence est le fait d’une minorité qui a pris de l’influence. «Ces étudiants qui excellent dans la violence sont devenus intouchables. Ils bénéficient des bonnes grâces de l’administration qui les utilise le moment opportun. Il faut également être honnête et reconnaître que cette violence a des origines sociales profondes», affirme-t-il, poursuivant: «Que la tutelle prenne les mesures nécessaires pour y mettre un terme».

Toujours au sujet de la violence, M. Azzi, affirme qu’elle a existé de tout temps, mais que sa fréquence et son intensité ont augmenté ces dernières années. «On est au quotidien sujet aux violences et aux agressions dans l’université. La majorité du temps on n’en entend pas parler car ce n’est pas aussi spectaculaire qu’un assassinat. Mais de là à ce que des enseignants meurent assassinés par leurs étudiants ! ».

M. Azzi regrette également le fait que n’importe qui peut accéder à l’université aujourd’hui. « Dans ces conditions, on peut s’attendre au pire », conclut-il pessimiste.

Massi M.