A Valence, en Espagne, plusieurs mineurs algériens sont incarcérés au centre de rétention des étranger. Au moins cinq Algériens, âgés de moins de 18 ans, sont internés dans ce centre depuis le début de l’année 2016, a-t-on appris auprès d’un activiste dans la campagne pour la fermeture des centres d’internement des étrangers (CIE) en Espagne.
Pourtant, la loi espagnole interdit strictement d’emprisonner dans ces centres des personnes mineures. Mais c’est la réaction des autorités consulaires algériennes à Alicante qui a et choqué les activistes espagnols. En effet, notre consulat à Alicante a refusé de reconnaître la qualité de mineurs de ces réfugiés. Les diplomates algériens ont préféré prendre fait et cause pour la police espagnole au lieu de défendre leur intégrité morale et leur dignité.
« Au mois de mai, Benabbou H., ressortissant mineur algérien, est resté emprisonné pendant 27 jours avec des hommes adultes dans les CIE de Madrid et de Valence, car la police espagnole prétendait qu’il avait 19 ans alors que lui affirmait qu’il en avait 16 ans. Grâce aux documents administratifs envoyés par sa famille, il a été démontré que Benabbou avait effectivement l’âge qu’il avait déclaré. Il a été, par la suite, libéré.
Ce cas a été traité par divers médias espagnols critiquant les appareils judiciaire et policier espagnols qui avaient maintenu une personne mineure enfermée dans une prison pour adultes. Malheureusement, aucune réaction n’a été enregistré du coté des autorités algériennes devant cette violation de droits », déplore notre source qui milite en Espagne pour la protection et la défense des droits des migrants.
Les militants espagnols ont été frappés par la fuite en avant des responsables du consulat algérien d’Alicante car ils ont tout simplement refusé de reconnaître la validité des documents administratifs, des extraits de naissance, présentés par les familles des migrants internés à Valence. A cause de cette attitude étrange et inexpliquée de nos diplomates, deux frères algériens demeurent encore emprisonnés dans le centre d’internement de Valence.
Les frères jumeaux Belhadj, nés en 1999, ont été renvoyés d’Espagne pour la simple raison que le consulat a refusé de confirmer aux autorités espagnoles la conformité de leurs extraits de naissance prouvant qu’ils sont bel et bien mineurs. « Le consulat algérien à Alicante préfère prendre en compte l’âge donné par la police espagnole au lieu de l’âge inscrit dans un document officiel algérien », s’étonnent des militants de la société civile espagnole. « Et c’est à partir de l’âge donné par la police espagnole, qui considère que les jumeaux Belhadj sont majeurs, que le consulat d’Algérie à Alicante a émis un laissez-passer (pièce jointe 4) pour la déportation en Algérie des deux mineurs », déplorent enfin nos interlocuteurs qui dénoncent ainsi la complicité des autorités consulaires algériennes dans cette affaire d’atteinte aux droits de l’homme dont ont été victimes leurs propres….concitoyens.