Didier Vignaud, un Français de 44 ans, directeur de chantier d’une centrale électrique pour le compte du géant américain General Electric à Hassi R’Mel, attend son procès en appel. L’audience a été repoussée hier, à lundi prochain. Il est poursuivi pour espionnage industriel.
Confiné dans une base de vie à Hassi R’Mel, un peu plus de 400 km au sud d’Alger, depuis le 19 novembre dernier, Didier Vignaud n’est toujours pas fixé sur son sort. Le procès en appel de l’ingénieur français, envoyé par l’américain General Electric dans le sud de l’Algérie pour superviser la construction d’une centrale électrique – en consortium avec le groupe grec Metka pour le compte final de la Sonelgaz -, a été reporté hier au 10 août prochain en l’absence de traducteur. Cet ancien technicien de l’armée de l’air a été condamné en première instance, le 14 juin dernier, à un an de prison ferme, assorti d’une amende de un million de dinars (soit près de 9.000 €).
Privé de passeport et interdit de quitter la wilaya de Laghouat, le Français, originaire de Mont-de-Marsan, ne semble pas abattu par la nouvelle. Il a régi ce matin sur une page Facebook de soutien, qui comptabilise plus de 1.000 membres :
Mystère
La justice algérienne reproche à Didier Vignaud d’être entré en Algérie sans déclarer à la douane la possession d’un drone et d’en avoir fait usage pour prendre des clichés, à intervalles réguliers, du chantier où il a été affecté. Une accusation claire d’espionnage industriel que le suspect rejette en bloc. L’ingénieur français raconte avoir eu recours à un quadricoptère et une Go Pro, qu’il qualifie de « jouet », « à la demande » de son employeur. Seulement, General Electric n’a pas confirmé cette thèse, rapporte nos confrères de L’Est Républicain. Et l’affaire soulève d’autant plus de questionnements que l’ambassade de France, sollicitée à plusieurs reprises par nos soins, ne s’est pas encore exprimée sur les poursuites judiciaires visant l’un de ses ressortissants.