Football : L’impossible plafonnement des salaires des joueurs algériens

Redaction

La Fédération algérienne de football (FAF) a décidé de plafonner les salaires des joueurs de Ligue 1 et 2. Une décision qui entrera en vigueur dès la saison prochaine. Cette mesure n’est pas du goût des principaux intéressés.

Les joueurs du championnat, notamment ceux de l’Entente de Sétif et de l’USM Alger, ont observé, lors d’un match ayant opposé ces deux équipes jeudi dernier, une «grève» de cinq minutes, qui a coûté un avertissement aux deux capitaines. Les joueurs se plaignaient du plafonnement des salaires.

Les joueurs voulaient profiter de la présence de plusieurs responsables au stade de Bologhine, tels que le Ministre des sports, Mohamed Tahmi, le Président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua et du président de la Ligue de football professionnel (LFP), Mahfoud Kerbadj, pour contester une mesure qu’il considère comme « injuste ». En effet, les instances ayant en charge le football national ont décidé qu’à compter de la prochaine saison (2014 – 2015), les salaires de joueurs dits professionnels (Ligue 1 et 2) ne devront plus dépasser les 120 millions de centimes (soit environ 12.000 euros) par mois. Cela concerne les internationaux (ceux ayant été convoqué au moins une fois en équipe nationale). Pour les autres le salaire ne devra être au-dessus de 80 millions de centimes ( soit environ 8.000 euros environ). C’est très loin des proportions actuelle. Aujourd’hui, les salaires de certains joueurs avoisinent effectivement les 400 millions de centimes.

Derrière ce plafonnement des salaires, certains présidents de clubs qui ont mis la pression sur la FAF pour aller dans ce sens. Ils ont estimé que l’inflation des salaires des joueurs est devenue une véritable contrainte pour eux. Elle asphyxie effectivement certains dirigeants de club qui ne peuvent pas suivre le rythme imposé par certains gros calibres du championnat national.

Mais le plafonnement suffira-t-il à assainir les finances des clubs endettés et, de façon générale, les Ligues 1 et 2 algériennes ? Pas sûr. C’est tout le fonctionnement et le mode de gestion des clubs du championnat national qui sont en réalité à revoir. Cette nouvelle mesure ne met d’ailleurs pas fin à la gestion opaque de clubs de football en Algérie. Elle n’empêchera effectivement pas certains Présidents de clubs a déclaré des salaires de joueurs conformes à la limite du plafond autorisé tout en offrant une « rallonge » au joueur, sous la table. Et dans ce cas, les équipes, qui ont les moyens, continueront d’offrir de grosses sommes d’argent à leurs joueurs.

En somme, plafonner les salaires des joueurs, comme seule mesure, ne réglera rien. A moins que l’objectif recherché ne soit en fait de calmer une opinion publique dérangée par les salaires mirobolants des joueurs…

Elyas Nour