C’est devenu récurent ces dernières années. La JS Kabylie, club craint par le passé par tous ses adversaire,s y compris sur le plan continental, trouve des difficultés pour se maintenir en Ligue 1, comme ce fut le cas durant la saison 2014 – 2015. A ce rythme, tôt ou tard, le club, qui n’a jamais connu de rétrogradation, se retrouvera en division inférieure.
La défaite à domicile, hier, face à l’O Médéa (0 – 1), pour le compte de la 13e journée, a placé le club, pour la première fois depuis le début de saison, dans la position de reléguable. L’équipe est 14e avec 13 points seulement. Les Canaris n’ont remportés aucun match à domicile. Ils se sont contentés de 6 nuls et une défaite, celle d’hier face à Médéa.
A la fin du match, dirigeants et supporters n’arrivaient pas à trouver d’explications à ce qui se passe. L’entraîneur tunisien, Sofiène Hidoussi, arrivé il y a un peu plus d’un mois après le départ de Mouassa, a même menacé de partir. «Je suis sous le choc, certains joueurs n’ont pas d’âme ni de cœur. Un joueur doit avoir de la personnalité mais ce n’est pas notre cas. Je le redis, j’ai vraiment honte !», a-t-il déclaré.
La JSK est dans le «rouge». Les supporters sont conscients que les choses vont empirer si des décisions adéquates ne sont pas prises. Hier, accostant les joueurs devant les vestiaires, ils ont réclamé le départ de quelques uns d’entre eux, à l’instar de Ziaya, Boualouidat ou Benkablia.
Il est clair que pour sauver la face, et gagner un tant soit peu de temps, le président Mohand Chérif Hannachi va sûrement recruter cinq joueurs durant le prochain mercato et probablement un autre coach puisqu’il est peu évident que Hidoussi puisse rester dans un contexte de tension. Et c’est là où réside tout le problème.
Les recrutements à tout va de ces dernières années et les changements fréquents de staffs techniques a compliqué les affaires du club. Depuis l’avènement du professionnalisme, lancé durant la saison 2010 – 2011, le club a vu défiler à sa barre technique pas moins de 16 entraîneurs (Alain Geiger, Rachid Belhout, Moussa Saïb, Meziane Ighil, Mourad Karouf, Enrico Fabbro, Nacer Sandjak, Arezki Amrouche, Azzedine Ait Djoudi, Hugo Broos, François Ciccolini, Jean Guy Wallemme, 2e passage de Mourad Karouf, Dominique Bijotat, Kamel Mouassa et Sofiène Hidoussi). Une moyenne de plus de 2 entraîneurs par saison.
Président depuis 23 ans, si Hannachi a pu décrocher trois coupes de la CAF au début des années 2000, aujourd’hui il est clair qu’il n’arrive plus à gérer l’équipe comme il se doit. De plus, il refuse de céder sa place. Plusieurs investisseurs se sont présentés ces dernières années, mais Moh Chérif s’arrange toujours pour que les négociations n’aboutissent pas. Il veut des sponsors et non des actionnaires pour toujours rester aux commandes.
Un mouvement de protestation a vu le jour l’année passée et plusieurs marches ont eu lieu à Tizi Ouzou. Mais en vain. Hannachi est toujours là et la situation de la JSK est de plus en plus critique. «Hannachi ne quittera pas la JSK jusqu’à ce qu’il l’a fasse descendre en division inférieure». C’est ce que répètent ses contradicteurs qui connaissent bien sa ténacité et ses capacités à s’accrocher à son poste.
En tous cas, quel que soit les changements qui vont intervenir durant ce mercato, les Canaris, dans le meilleur des cas, pourront sauver leur saison, en évitant la relégation. Sans plus.
Le club vivra inéluctablement le même scénario la saison prochaine. A moins que la gestion change. Et cela passe nécessairement par un changement du personnel dirigeant. A commencer par Mohand Chérif Hannachi. Aucune autre alternative ne semble plausible
Elyas Nour