Après la course à l’armement, voici venue celle des barbelés. Le Maroc et l’Algérie se livrent, depuis quelques mois, à une guerre d’un nouveau genre : la construction, des deux coté de la frontière, d’un mur de barbelés pour empêcher l’entrée d’émigrants clandestins pour le Maroc et atténuer les méfaits de la contrebande, du coté algérien.
Mais dans cette guerre qui ne dit pas son nom, le Maroc joue sur les excès. En proie à des difficultés financières insurmontables, Rabat trouve quand même les ressources nécessaires pour la construction d’une « muraille électronique » longue de plus de 120 km. Jusqu’à août dernier, 41 Km ont déjà été construits, précise le journal marocain Yabiladi. Haute de 2,5 mètres et devra « assurer la protection de trois grandes villes de l’Oriental, à savoir Oudjda, Berkane Jerada », écrit ce média marocain. Ce dernier ajoute que cette protection est destinée à contrecarrer «le flux migratoire irrégulier mais aussi d’éventuelles incursions terroristes » qui seraient l’œuvre de l’Aqmi (Al-qaîda ou Maghreb islamique).
La décision est tout de même étrange puisque le Maroc fait des pieds et des mains depuis plusieurs années pour l’ouverture des frontières terrestres avec l’Algérie. Cette dernière refuse la proposition estimant que le Maroc doit d’abord arrêter le flux du trafic des contrebandiers et des trafiquants de drogues qui envahissent le pays de psychotropes.
C’est visiblement contre ce phénomène que les autorités algériennes ont entamé la construction des barbelés tout au long de la frontière Ouest. Avant cela, les autorités militaires avaient creusé des tranchées pour limiter le mouvement des contrebandiers qui vendent le carburant algérien au Maroc. Ces deux décisions ne sont pas de nature à apaiser les relations entre les deux pays voisins.
Essaïd Wakli