Ahmed Assid, un intellectuel laïc et un militant amazigh, membre de l’observatoire amazigh des droits et libertés, connu au Maroc, défraie la chronique et se retrouve au cœur d’une campagne de dénigrement menée par des courants salafistes marocains.
Sur Facebook, dans les journaux, sur le web, dans trois mosquées, sur les pages des leaders salafistes, cet intellectuel marocain est qualifié de criminel et violemment pris à partie. Il a été même sommé de se repentir, désigné à la vindicte générale et traité d’ennemi de Dieu pour la simple raison qu’il a osé affirmer que l’enseignement religieux n’est plus adapté à modernité et risque d’encourager la violence et l’extrémisme. Aux des salafistes marocains, Ahmed Assid a aggravé son cas lorsqu’il a défendu encore la liberté sexuelle en réclamant l’abrogation de la loi qui pénalise les relations sexuelles hors mariage entre adultes. Il faut savoir qu’au Maroc, les relations sexuelles hors mariage entre adultes sont passibles d’une peine de prison allant d’un mois à un an d’après le code pénal du pays. Et comme de nombreux autres démocrates marocains, Ahmed Assid a déclaré publiquement que cette loi est « une atteinte aux libertés individuelles, car la liberté sexuelle est un droit consacrée par la législation internationale ».
Ces prises de positions ont suscité le courroux des salafistes marocains lesquels ne cessent de monter au créneau pour réclamer des sanctions sévères à l’encontre d’Ahmed Assid. Toutefois, ce dernier bénéficie du soutien de 300 associations et personnalités nationales, nous apprend ainsi le site marocain Almoustakil. Selon cette source, jusqu’à présent ces associations et personnalités marocaines se déclarent solidaires de Ahmed Assid, des pétitions sont lancées et un comité de soutien est créé. Une page Facebook a été créée pour l’occasion.