Face à la crise économique et sociale, le gouvernement manque de solutions. Lorsqu’il veut remédier à la situation, les alternatives préconisées sont souvent maladroites et pêchent par un excès de précipitation.
Parmi les solutions que le gouvernement propose pour une nouvelle étape dans la gestion de l’économie nationale, l’implication des collectivités locales est fortement recommandée. C’est cette option qui explique d’ailleurs la tenue, depuis samedi, d’une rencontre entre le gouvernement et les walis. La réunion vise notamment à impliquer les collectivités locales dans la gestion de l’économie du pays. Or, cela implique des changements législatifs importants et surtout, une véritable mue des mentalités. Cela risque donc de prendre des années alors que la situation est plus qu’urgente.
Pour s’adapter à la nouvelle situation, le gouvernement compte revoir les codes communal et de wilaya, cela pour «se conformer aux changements» opérés dans la constitution amendée en mars dernier. Or, ce code a déjà été amendé en 2012. A l’époque, le gouvernement avait initié des «réformes» dans le but de démocratiser au mieux le pays. Des lois organiques sont alors amendées, parmi lesquelles le code communal et la Loi électorale. Cela s’est fait malgré les rappels à l’ordre d’une partie de la classe politique qui expliquait qu’on ne peut pas mettre les charrues avant les bœufs.
Et quatre ans après, c’est exactement ce que fait le gouvernement : il refait des lois qu’il a concoctées lui-même quelques années auparavant. Cela manque de sérieux et surtout, d’impact. Plus grave encore, la multiplication des lois risque de perturber le bon fonctionnement des institutions qui ne sauront plus laquelle appliquer.
C’est connu : quand on panique, on fait du sur-place. C’est ce que fait Bouteflika et son gouvernement.
Essaïd Wakli