« Transparence » de l’élection présidentielle en Algérie : la véritable déclaration de John Kerry

Redaction

John Kerry n’est pas aussi enthousiaste au sujet de l’élection présidentielle que l’APS le laisse entendre. Le diplomate lors de son allocution à la session d’ouverture du dialogue stratégique n’aurait jamais prononcé la phrase « nous nous réjouissons de la transparence du scrutin électoral » mais plutôt « nous espérons une transparence dans ce processus électoral ». Une nuance qui change beaucoup de choses.

Une dépêche APS qui reprend les propos de John Kerry en visite officielle de deux jours à Alger a intrigué les Algériens. D’après l’agence publique, le secrétaire d’Etat américain aurait prononcé la phrase suivante : « Nous nous réjouissons de voir le processus de l’élection présidentielle (du 17 avril) se dérouler dans la transparence ». Or dans la version anglophone ce n’est pas tout à fait les termes utilisés par le diplomate américain.

Contacté par Algérie-Focus, l’Ambassade américaine à Alger qui dispose de la retranscription détaillée du discours de John Kerry, confirme que le secrétaire d’Etat américain « a bien dit que les Etats-Unis espèrent voir des élections transparentes », et pas que cette transparence est déjà acquise. En effet dans la copie du discours envoyée par l’Ambassade américaine à la rédaction la phrase traduite et publiée par l’APS est la suivante :  « We look forward to elections that are transparent and in line with international standards », ce qui signifie en réalité « nous espérons voir des élections transparente et conformes aux critères internationaux », comme nous l’a confirmé l’Ambassade américaine.

Autre erreur de traduction sur les propos suivants  publiés par l’APS : « l’Algérie est un pays qui veille à l’épanouissement de son peuple de sa société civile », a affirmé le secrétaire d’Etat américain. Il semblerait que dans cette citation relayée par l’APS soit en fait un assemblement de plusieurs citations : « And the fact is that this country has resources, it has a civil society, it has people greatly committed to these values, and so there’s a natural ability for our nations to be able to come together » et « And that is a future where citizens can enjoy the free exercise of their civil, political, and human rights ». En somme dans ces deux passages il est clairement indiqué que les Etats-Unis reconnaissent certes « que le pays a des ressources, une société civile, et un peuple très attaché à ces valeurs, ainsi il est naturel pour nos deux nations soient en mesure de se rapprocher » et espèrent que « dans le futur les citoyens puissent profiter pleinement de l’exercice de leur droit civil, politique et humains. » John Kerry évoque bien entendu les ambitions des Etats-Unis pour l’Algérie et non d’un constat actuel.

L’APS, contactée par nos soins, dément de son côté toute tentative de manipulation et explique qu’ « il s’agit d’une traduction de l’interprète officiel de la délégation américaine ».

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