(actualisé à 19h)
Le meeting électoral d’Abdelmalek Sellal a non seulement été annulé pour des raisons de sécurité, mais il a également déclenché une émeute à Béjaia. Le rassemblement anti-4eme mandat qui s’est improvisé devant la maison de la culture chargée d’accueillir le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika est devenu très violent.
La maison de la culture chargée d’accueillir le meeting d’Abdelmalek Sellal a été incendiée vers 18h30, par les protestataires postés devant la salle depuis ce matin. Ils ont tenté de mettre le feu au salon du bâtiment. Toutefois les émeutes se sont calmées à 19h il restait quelques jeunes de la ville et quelques policiers.
Le rassemblement, devant la salle de meeting devant accueillir Abdelmalek Sellal, initialement pacifique a viré à l’émeute en fin de matinée. L’ex-Premier Ministre n’a même pas se rendre dans la salle et a quitté les lieux sans même intervenir devant l’assistance. Les journalistes chargés de suivre Abdelmalek Sellal dans ses déplacements ont également dû être évacués en urgence par la police. D’après nos informations il y aurait au moins une vingtaine de blessés et trois véhicules ont été incendiés, dont une voiture de l’ENTV, une d’Ennahar TV, et une de Numidia TV. Des chaines perçues par les manifestants comme des soutiens à Abdelaziz Bouteflika.
Des dizaines de personnes sont restées bloquées dans la maison de la culture pendant des heures, car la maison a été encerclée par les manifestants en colère.
Accrochage entre les jeunes et les forces anti-émeutes à #Bejaia #Barkat pic.twitter.com/ZSfYTu6R7L
— Adel Md Ali Bensalah (@BensalahAdel) 5 Avril 2014
Un meeting du directeur de compagne de de Bouteflika empêché par des manifestants à #Béjaia #kabylie #Algérie #Colère pic.twitter.com/2wF3jHfuwr
— Hocine Lamriben (@Lamriben) April 5, 2014
La police a mis du temps à intervenir, et s’est contentée au départ de disperser la foule, ce n’est que tardivement que les forces de sécurité ont usé des gaz lacrymogènes. Alors qu’en face les manifestants jetaient des pierres. D’après des responsables de la direction de campagne d’Abdelaziz Bouteflika, la police craignant que le rassemblement dégénère, a préféré rester en retrait dans cette région sensible et très militante.
Rien n’a encore été confirmé, et aucun message de revendication n’a encore été rendu public, mais sur place des observateurs soupçonnent des membres du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) d’être à l’origine de cette manifestation, en raison des slogans prononcés, habituellement attribués à ce groupe. A 14h la situation restait tendue autour de la salle, mais pas dans la ville de Béjaia.
Les raisons de la colère des manifestants étaient non seulement la venue du directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika mais aussi le fait que l’équipe de campagne du président sortant qui a convoqué des membres de l’administration ainsi que du port de Béjaia pour remplir la salle dès 8 heures du matin.
Abdelmalek Sellal sur le point de quitter Béjaia pour se rendre à Alger a déclaré à la presse que les manifestants étaient « des extrémistes ». « Vous avez vu de vos propres yeux ce qui s’est passé et ce qu’est la démocratie pour certains ». « Nous voulons le bien de tous », a-t-il assuré, confirmant que « je mènerais mon meeting à Tizi-Ouzou demain ». A son arrivée il doit se rendre à Bab-el Oued pour donner un meeting à la salle Atlas. A 17h30 il y avait peu de monde aux alentours de la salle, mais un important dispositif sécuritaire déployé pour accueillir le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika.