Recyclage des déchets ménagers et assimilés/ Une pratique qui peine à s’installer en Algérie.   

Redaction

Les Algériens jettent chaque année 11 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés (DMA). Seulement 10% de cette énorme quantité sont recyclés.    

Kahina Benhaddadi, responsable de communication de l’Agence nationale des déchets (AND), a indiqué, dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement, que la culture du recyclage peine à trouver un ancrage dans la société algérienne, faisant que les chiffres relatifs à cette pratique sont insignifiants. Pourtant, les Algériens produisent énormément de déchets ménagers et assimilés, 0,8 kg/jour/habitant dans les zones urbaines et 0,65 kg/jour/habitant dans les zones rurales.

Pour cette année, ce sont les administrations publiques et les grandes entreprises qui sont visées par le plan de sensibilisation de l’AND. Sonatrach et Tonic ont exposé, durant une rencontre avec les cadres de l’Agence nationale des déchets les avancés enregistrés dans ce domaine.

Pour Sonatrach, il s’agit de limiter le recours aux matières premières sachant qu’une tonne de papier recyclé est l’équivalent de 1,41 tonne de bois économisée, tandis qu’une tonne de plastique recyclée représente l’économie de 650 kgs de pétrole brut.

Pour sa part, l’entreprise de papier Tonic a présenté son expérience à travers son usine de récupération de déchets de papier et carton, d’une capacité de 150.000 tonnes/an, mais qui collecte seulement 42.000 tonnes/an. Outre ses propres capacités de collecte, cette entreprise collabore avec d’autres récupérateurs publics et privés, à l’instar du groupe industriel public de papier et de cellulose Gipec qui lui procure 15.000 tonnes de déchets/an et des récupérateurs privés qui l’approvisionnent à hauteur de 43.000 tonnes/an.

À noter que les causes de ce retard notable en termes de recyclage ont été mises en exergue dans une étude publiée en 2015, par des experts coréens.  L’équipe d’experts ayant mené cette étude dans les wilayas de Blida et de Bordj Bou Arreridj a relevé un manque de l’ancrage culturel de cette pratique, un faible taux de collecte avec l’insuffisance des bacs, l’irrégularité des fréquences de collecte et le manque ou la vétusté des moyens de collecte.

Massi M.