L’association espagnole CIE’S NO revient à la charge dans le dossier des ressortissants algériens enfermés dans le Centre d’Internement d’Étrangers de Valence et qui continuent à subir agressions et tortures. Si les autorités algériennes demeurent encore silencieuses et laxistes comme si ce dossier ne les concernait pas, CIE’S NO nous apprend que les autorités espagnoles ont décidé d’ouvrir une enquête.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction hier mercredi, l’association espagnole CIE’S NO revient sur le cas du jeune algérien torturé au Centre d’Internement d’Étrangers de Valence le 19 janvier dernier et dénonce le silence complice des autorités algériennes vis-à-vis des violations des Droits de l’Homme qui persistent au sein de ce centre. Mohamed Rezine Zohuir, le jeune algérien torturé, au Centre d’Internement d’Étrangers (CIE) de Valence, par un policier espagnol qui l’a emmené, selon son témoignage, dans la salle de douches et qui a commencé à le frapper, a déposé plainte contre son agresseur. La justice espagnole a immédiatement réagi à la plainte de la victime qui aurait, selon ses dires, été transférée en urgence suite à l’agression, à l’hôpital où il a reçu 17 agrafes de suture. Alors qu’aucune réaction de la part des autorités algériennes n’a été enregistrée depuis le dépôt de plainte, le 3 février dernier, l’association espagnole a souligné dans son communiqué que «le magistrat du tribunal nº3 de Valence, Juan Luis Beneyto Feliu, a décidé aujourd’hui d’ouvrir une enquête judiciaire, considérant que les faits pourraient être “constitutifs de délit contre l’intégrité morale”.
CIE’S No réclame la fermeture des centres d’internement des étrangers
Face au nombre croissant des violations des droits de l’homme constatés par de nombreuses associations espagnoles, l’association CIE’S NO réclame la fermeture de ces centres qui accueillent généralement des étrangers en situation irrégulière n’ayant commis aucun délit, mais qui sont enfermés comme des criminels. A ce propos, l’association appelle à la mobilisation de toutes les ONG afin de réclamer la fermeture de ces centres où les étrangers sont traités comme des délinquants sans aucun respect de leurs droits.
Par ailleurs, l’association déplore et s’oppose à la possible déportation de Mohamed Rezine Zohuir qui devrait comparaître le 20 février prochain devant le tribunal. «Le magistrat a aussi demandé à la direction du CIE les enregistrements des caméras de surveillance du jour où a eu lieu l’agression, et l’identification de l’agresseur et de possibles témoins, ainsi comme de l’infirmier et du médecin qui se sont occupés de l’agressé. Cependant, si la victime est déportée, l’enquête s’arrêtera et le crime demeurera malheureusement impuni», précise la CIE’S NO dans son communiqué.
Nourhane. S.