25 ans après le déclenchement des violences meurtrières des années 90 qui ont causé à l’Algérie une véritable tragédie nationale, le général retraité Mohamed Touati se confesse et reconnait dans un documentaire diffusé le 15 mai dernier par la télévision française France 2 que l’arrêt du processus électoral intervenu en janvier 1992 « est à l’origine de l’amplification du terrorisme en Algérie ».
Cet aveu intervient des années plus tard alors que des milliers d’Algériens ont péri dans les violences d’une sanglante guerre civile. Ceci dit, le général Touati, appelé communément le « Cerveau » parce qu’il est considéré comme la tête pensante du régime militaire algérien des années 90, ne semble nullement regretter cette décision. Au contraire, ce général explique devant les caméras françaises qu’en dépit des milliers de morts de la décennie noire, l’interruption du processus électoral de 1992 a sauvé l’Algérie de l' »instauration d’un état théocratique ». « Le FIS considérait la démocratie comme un Kofr. Ses leaders voulaient fonder un Khalifat en Algérie et ils refusaient que le pouvoir soit issu de la volonté populaire », se justifie le général Touati. « Nous étions un certain nombre d’officiers, mais aussi de personnalités civiles, qui avions décidé d’empêcher que l’Algérie sombre dans un régime théocratique », argue le général Touati qui ne se remet toujours pas en cause et refuse de croire qu’une autre alternative aux violences était bel et bien possible.
https://www.youtube.com/watch?v=TynA7Vt5bU0